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Procès de l’attentat de la basilique de Nice. “La France est plus forte que ceux qui veulent détruire notre mode de vie”

By 25 février 2025mars 3rd, 2025Actualités

Ce mardi 25 février, la parole est aux avocats des parties civiles, dans le procès de l’attentat de la basilique Notre-Dame de Nice. Dix-neuf robes noires défilent à la barre pour porter la voix de leurs clients.

Fermer les yeux, et imaginer, rien qu’un instant, la souffrance. Celle de Nadine Devillers, Simone Barreto-Silva et Vincent Loquès. Tous les trois assassinés à coups de couteau dans l’édifice religieux, le 29 octobre 2020. Au total, 70 coups en dix minutes et deux corps presque totalement décapités. Imaginer, aussi, les traumatismes avec lesquels vivent désormais l’ensemble de leurs proches, et de toutes les personnes qui sont intervenues dans la basilique Notre-Dame de Nice. C’est à cet effort qu’ont appelé les avocats des parties civiles, ce 26 février 2025, dans leurs plaidoiries.

Qu’avons-nous (avocats) à dire de plus, de mieux, de différent que ce qu’ont dit les parties civiles ? Quelle légitimité ?

Me Philippe Soussi, avocat de parties civiles, pendant sa plaidoirie

Certaines colères se sont exprimées à la barre pendant ce procès, les larmes ont coulé. Face aux orphelins, aux veufs, aux proches endeuillés, aux forces de l’ordre choquées, le regard de l’accusé, Brahim Aouissaoui, vide de tout remords. “La seule chose qu’il a su faire, c’est revendiquer ses actes” estime Me Julien Darras, avocat du diocèse de Nice. Me Philippe Soussi est plus acerbe “c’est le djihad jusque dans le box, un bras d’honneur à la justice, à la République et aux parties civiles”.

Un procès juste, face à l’horreur

Interrogé sur les faits, Brahim Aouissaoui a justifié ses crimes, en boucle, par “la mort des musulmans par l’occident”. Les conseils de parties civiles s’accordent sur la dangerosité du jeune tunisien de 25 ans. “Se rendra-t-il compte un jour que son geste ne souffre d’aucune justification ?” s’interroge Me Olivia Chalus-Penochet.

Un procès “dans lequel les règles de droit ont été respectées”, souligne Me Philippe Soussi, se joue depuis le 10 février 2025. “Le plus bel hommage qu’on puisse rendre aux victimes” poursuit l’avocat de Joeffrey Devillers, veuf de Nadine. “Il est au fond de la salle depuis le premier jour de l’audience, attentif, prévenant. Sans la moindre haine. Il est la définition de la résilience, de la résistance” insiste le conseil.

Nous sommes tous des chiens, et des mécréants. Mais c’est bien nous, Français, qui le jugeons aujourd‘hui

Me Lara Fatimi, avocate de parties civiles, pendant sa plaidoirie

Le choix de la basilique Notre-Dame de Nice, un “hasard” selon l’accusé, une cible choisie, aux yeux des avocats représentant l’Église. La ville, elle-même touchée pour la troisième fois par le terrorisme avec les actes de Brahim Aouissaoui : “Martyrisée comme si sa lumière attirait les pires projets” se désole Me Olivia Chalus-Penochet.

La limite entre droit et humanité

La voix des forces de l’ordre, aussi, a été portée. À travers six avocats différents, police municipale et nationale se sont parfois échangés des rancœurs passées. Tous, décrivent pourtant les mêmes traumatismes, la même scène.

On arrive, et on voit deux corps décapités au sol. Du sang partout, un cadavre égorgé, mais on ne recule pas. On est obligé d’avancer

Me Emilie Farrugia, avocate des policiers nationaux, pendant sa plaidoirie

Certaines constitutions de parties civiles ont été écartées dès le début du procès par la cour spécialement composée pour juger des crimes terroristes. Une décision incomprise pour les avocats qui les représentaient. L’ensemble des demandes financières seront évoquées pendant une audience spécifique. Certaines constitutions de parties civiles, enregistrées par la cour à ce stade, pourront se voir rejeter leurs demandes de dédommagements.

Au dernier jour de procès, mercredi 26 février 2025, la parole sera donnée au parquet national antiterroriste pour ses réquisitions. La défense plaidera en dernier, comme le prévoit la loi.

Source : France Info