
Se faisant aussi appeler « Fly Rider », il avait déposé une plainte visant le préfet de police Didier Lallement, mais aussi Emmanuel Macron, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe ou l’ex-ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Personne n’a été poursuivi.
Le parquet de Paris a requis le 21 février un non-lieu après la plainte de l’ancien « gilet jaune » Maxime Nicolle. Il accusait notamment l’ex-préfet Didier Lallement de l’avoir fait détenir arbitrairement en marge du défilé du 14 juillet 2019, a appris l’AFP samedi de source proche du dossier.
Trois figures du mouvement des Gilets jaunes entamé en novembre 2018, Éric Drouet, Jérôme Rodrigues et Maxime Nicolle, avaient été interpellées et placées en garde à vue tôt ce jour-là. Le premier pour « rébellion », les autres pour « organisation d’une manifestation illicite », avant d’être relâchées quelques heures plus tard avec un classement sans suite.
Après une première plainte simple classée, Maxime Nicolle avait déposé une nouvelle plainte visant, outre Didier Lallement, le président Emmanuel Macron, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe ou l’ex-ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Elle avait abouti, après des démêlés procéduraux, à une information judiciaire ouverte en juin 2022. Aucun d’entre eux n’a été poursuivi.
« Le contexte insurrectionnel de l’époque »
Maxime Nicolle racontait avoir fait l’objet d’une « interpellation ciblée » alors qu’il s’était rendu ce jour-là sans signe distinctif sur les Champs-Élysées à Paris « pour assister aux festivités du 14 juillet », objet d’un arrêté visant à éviter tout rassemblement de militants des Gilets jaunes.
Après deux ans et demi d’enquête et l’audition de la hiérarchie de la préfecture de police, dont l’ex-préfet Didier Lallement, le parquet de Paris a requis un non-lieu le 21 février. Le ministère public concède n’avoir à ce jour pas trouvé « les éléments constitutifs de l’organisation d’une manifestation non déclarée par M. Nicolle », qui avaient justifié son interpellation.
« Toutefois », le parquet estime que « le contexte insurrectionnel de l’époque » et le fait que Maxime Nicolle, « un leader du mouvement », « relaie » sur Facebook « un appel à manifester sur les Champs-Élysées », étaient « de nature à laisser penser aux autorités (…) qu’il se préparait à organiser une manifestation non déclarée ».
Une « arrestation préventive et illégale », pour son avocat
Pour l’avocat de Maxime Nicolle, Me Juan Branco, « l’état de droit est en faillite » avec cette « arrestation préventive et illégale ». Son client « n’avait évidemment pas fait d’appel à manifester » et ne se trouvait ni dans le périmètre d’interdiction, ni dans un regroupement.
Didier Lallement « n’a jamais été mis en examen ni même placé sous le statut de témoin assisté dans cette procédure initiée et poursuivie, avec un certain acharnement, par M. Nicolle », a souligné son avocate Me Pauline Ragot. « La juge d’instruction et le parquet ont donc estimé qu’il n’y avait même pas d’indice rendant vraisemblable qu’il ait commis la moindre infraction pénale. Ce 14 juillet 2019, il a tout simplement agi, en responsabilité, en tant que préfet de police de Paris », a-t-elle ajouté.
La juge d’instruction devra trancher définitivement le sort du dossier. Ces festivités avaient ensuite été marquées à Paris par des tensions, près de 200 interpellations ainsi que des sifflets adressés à Emmanuel Macron.